Bien que le pèlerinage se veuille un voyage fait par un croyant vers un lieu de dévotion, nous avons pu constater que, de nos jours, bon nombre de pèlerins en ont fait une démarche de ressourcement et de libération personnelle. Ainsi, chacun aborde le chemin pour des motifs qui lui sont propres. Et derrière ces motifs, il y a le désir de s’apprivoiser davantage, de mieux se comprendre. Nous en arrivons à la conclusion que la destination, le lieu, importe peu. L’essentiel réside dans ce mouvement, cette expérience physique et psychique que nous fera vivre ce long voyage : cette rencontre avec nous-mêmes.
Bottes et Vélo n’aborde donc pas le pèlerinage comme lieu, mais comme expérience qui s’inscrit dans le temps. Le pèlerinage est question de durée. Il s’agit d’une expérience mystique qui ne peut être vécue en condensé. Le pèlerinage est un temps pour aller vers ce lieu sacré en soi, à la rencontre de soi. Un temps qui ouvre les portes de notre spiritualité.
Notre parcours personnel, et notre enquête auprès de plusieurs pèlerins, nous ont permis de développer une approche du pèlerinage qui balise bien humblement celui-ci; et nous permet d’en tirer une certaine compréhension. En ce sens, la prière de La Faba est sans aucun doute un texte fondateur de la démarche que nous vous proposons. (Pour lire le texte de la prière de La Faba, cliquez sur le lien plus haut.) Ce texte permet une lecture spirituelle actualisée du pèlerinage tout en gardant le sens premier du mot religieux, c’est-à-dire « religare » : ce qui nous relit. Ce qui nous relit les uns aux autres, au tout, au vivant, au divin. Une spiritualité actualisée ne peut faire fi de cette dimension : le pèlerinage est relationnel; et une bonne part de ce qui le compose consiste à nous connaître en relation. Ainsi, l’état d’esprit dans lequel nous plonge l’exercice pèlerin nous met face à la difficulté suivante : comment garder cette expérience vivante au quotidien?